Polémique : l’intérieur de Notre-Dame de Paris sera réaménagé

À l’occasion de la restauration de Notre-Dame de Paris, le diocèse compte revoir l’aménagement intérieur de la cathédrale. Les opposants au projet s’alarment d’une défiguration de l’édifice. Faut-il vraiment s’inquiéter ?

nef cathédrale paris
La nef de la cathédrale de Paris en 2012

« C’est comme si Disneyland entrait dans Notre-Dame », dénonçait fin novembre 2021 l’architecte Maurice Culot devant le projet de réaménagement envisagé par le diocèse de Paris.  

Dans une tribune publiée le 7 décembre 2021, plus de cent personnalités dont Stéphane Bern, Alain Finkielkraut et Pierre Nora renchérissaient : « ce que l’incendie a épargné, le diocèse veut le détruire ».

Bref, après le débat sur la reconstruction de la flèche à l’identique ou non, voici un nouveau projet qui enflamme les esprits. Quels sont les changements envisagés ? Quel est mon avis dessus ?  

Les 5 pommes de la discorde

Le 9 décembre 2021, un communiqué de presse du diocèse dévoilait au grand public les grandes lignes du projet :

  • La création d’un nouveau mobilier liturgique : des bancs sur roulettes, un baptistère au milieu de la nef, un autel au centre et un tabernacle dans le chœur.
  • L’aménagement d’un espace de prière dans le chœur.
  • Un nouveau sens de circulation. On entrera par le portail central pour suivre le bas-côté nord, faire le tour de l’église puis sortir par le bas-côté sud.
  • Une révision de l’acoustique et du dispositif lumineux.
  • Le réaménagement des chapelles latérales de la nef, notamment par l’intégration d’œuvres d’art contemporaines.
messe cathédrale de Paris
Départ de procession dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, octobre 2012

Des dispositifs « kitsch »

La veille du communiqué de presse, avait déjà sonné l’attaque contre les intentions du diocèse puisqu’une centaine de personnalités signait une tribune dans le Figaro. Je cite le passage le plus cinglant :

Le projet prévoit bancs amovibles, éclairage changeant en fonction des saisons, projections vidéo sur les murs, etc., autrement dit les mêmes “dispositifs de médiation” à la mode (et donc déjà terriblement démodés) que l’on trouve dans tous les projets culturels “immersifs” où bien souvent la niaiserie le dispute au kitsch ».

Le Figaro, 8 décembre 2021 et la Tribune de l’Art le 7 décembre 2021

Bref, si je comprends bien, les signataires reprochent au projet de reprendre certains dispositifs scénographiques propres aux musées modernes. Ce qui peut en effet choquer dans une église. Mais je trouve cette vision exagérée. Mettre des bancs amovibles relève du bon sens : il facilite l’adaptation des lieux par le personnel. On met beaucoup de bancs lors des grandes cérémonies ou des grands événements ; on en retire les autres jours pour offrir plus de place aux visiteurs.

Quant à l’éclairage, il est précisément envisagé selon le diocèse d’« accompagner les différentes célébrations liturgiques » au cours de l’année : « lumière diffuse et douce pour les veillées de prière ou les célébrations de nuit, sobre pour les temps du carême et de l’avent, par exemple, ou rayonnante pour les grandes fêtes de Noël ou de Pâques ». Rien de choquant pour moi. De tels variateurs de lumière équipent les logements de particuliers. Est-ce si kitsch ?

Les projections vidéo m’interpellent davantage. L’Église doit-elle sacrifier à la mode des écrans et du multimédia ? En réalité, l’idée est beaucoup plus discrète. Gilles Drouin, le prêtre chargé du projet, précise que seules des citations de la Bible seront projetées.

Pour le moment, je ne pousse pas de cris d’orfraie. Les contestataires ont-ils déclenché une tempête dans un bénitier ?

Rendez-nous la cathédrale de Viollet-le-Duc !

Plus globalement, la tribune des opposants reproche au projet de dénaturer l’aspect de la cathédrale voulue par Viollet-le-Duc au XIXe siècle.

Respectons l’œuvre de Viollet-le-Duc, respectons le travail des artistes et des artisans qui ont œuvré pour nous offrir ce joyau […] Ce chantier de restauration doit nous permettre de retrouver l’authenticité du lieu et de son expérience, en replaçant les bonnes œuvres aux bons endroits, dans une harmonie et une cohérence d’ensemble.

Le Figaro, 8 décembre et la Tribune de l’Art, le 7 décembre 2021

J’ai toujours du mal à écouter des gens qui brandissent l’argument de l’authenticité. Qu’est-ce qu’une cathédrale de Paris authentique ? Celle produite par la restauration de Viollet-le-Duc ? Pourquoi pas celle de la fin du Moyen Âge ? On sait que le génial architecte a rétabli certaines dispositions médiévales, mais en a inventé beaucoup d’autres.

La quête d’un monument authentique me semble vaine. On ne retrouvera jamais la cathédrale de Viollet-le-Duc. Le monument est aujourd’hui éclairé à l’électricité, ce qui bouleverse l’ambiance lumineuse. Son aménagement a été modifié par le concile de Vatican II : sous la croisée du transept trône depuis 1989 un autel contemporain (abîmé cependant par des gravats dans l’incendie de 2019).

lustre notre-dame paris
Ce qui détermine l’ambiance de la cathédrale, c’est moins la restauration de Viollet-le-Duc que l’électrification postérieure des lustres.

À l’adresse de ceux qui, néanmoins, espèrent retrouver l’idéal viollet-leducien, réjouissez-vous : c’est moins le réaménagement mobilier, finalement assez marginal, que la restauration complète en cours qui permettra de s’en approcher : les murs et les vitraux sont décrassés pendant que des peintres redonnent des couleurs au décor. Ces transformations sont beaucoup plus déterminantes dans l’aspect de la cathédrale que le projet de réaménagement liturgique du diocèse.

Les deux conceptions opposées de la cathédrale

Vous n’êtes peut-être pas d’accord avec moi quand je minimise l’impact du projet diocésain. Vous êtes peut-être plus critiques. En fait, dans ce débat, deux conceptions de la cathédrale s’opposent :

D’un côté, ceux qui en ont une vision exclusivement patrimoniale. De ce point de vue, Notre-Dame est un joyau historique auquel on ne doit pas toucher au risque de perturber son harmonie ou de menacer son authenticité. Vous pourriez vous attendre à ce que je me range dans ce camp. Depuis des années, ne me suis-je pas consacré sur ce site web à partager les beautés et l’intérêt de notre patrimoine religieux ?

Ma position est en fait plus nuancée, car j’ai conscience de la seconde conception de la cathédrale. À la différence d’autres monuments historiques, Notre-Dame n’a pas perdu sa fonction d’origine : c’est un lieu de culte et un siège d’évêché ! C’est donc un édifice vivant, susceptible de se transformer selon les évolutions de la liturgie, des moyens de communication et du goût artistique.

Je trouve donc tout à fait normal que le clergé du diocèse de Paris intervienne dans l’aménagement intérieur. Qu’il cherche à favoriser la méditation des fidèles ou des visiteurs par l’éclairage, par un sens de circulation, ou des projections de citations bibliques. Je trouve tout à fait normal que le diocèse souhaite renforcer la sacralité du lieu en créant un axe liturgique (baptistère, autel, tabernacle). Enfin je trouve tout à fait normal que le clergé expérimente de nouvelles formes de communication. C’est tout à son honneur de s’adapter à son temps. Sinon on en serait encore à suivre des messes durant lesquelles le prêtre parle en latin et sans micro.

La commission veille sur Notre-Dame

Certes, la cathédrale appartient à l’État, mais le diocèse en est le locataire (l’affectataire plus exactement) et donc il peut aménager les lieux comme il l’entend. Avec bien sûr cette limite : les lois sur les monuments historiques.

Donc, contrairement à ce que certains commentateurs ont pu laisser entendre, on ne démontera pas les vitraux ; on ne détruira pas le mobilier viollet-leducien dans les chapelles latérales. Au pire, certains éléments seront déplacés dans une autre partie du monument.

Enfin, le projet est soumis à l’approbation de la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA), une commission spécialement nommée pour veiller entre autres au respect des monuments historiques. Le 9 décembre, cette commission a validé la plupart des grandes lignes. En revanche, ils se sont opposés au prototype des bancs et à la localisation de l’espace de prière. Lisez les autres réserves dans cet article de France Bleu.

La discussion n’est pas close. Dans le journal La Croix, Albéric de Montgolfier, le président de la CNPA, prévient : « La commission a validé un programme, pas un résultat définitif. Le diocèse va maintenant préciser son projet ». « La messe n’est pas dite », conclut Alexandre Gardy un autre membre de la commission.

Débattez en commentaire de mon avis, et partagez le vôtre.

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17 Responses

  1. Bonjour Laurent,
    Je suis tout à fait d’accord avec toi, l’Eglise doit évoluer, s’adapter sinon elle meurt. J’ai toujours trouvé aberrent l’ancien sens de circulation (circumambulation) sinistrocentrique (à main gauche comme on dit en équitation) la religion chrétienne étant « solaire » et non lunaire comme l’Islam, on doit visiter les cathédrales(à mon avis) en commençant par le septentrion, puis l’Orient, le Midi et enfin sortir par l’Occident. C’est une sorte d’Œuvre alchimique, une métamorphose de l’individu qui part de l’ombre nocturne (l’Œuvre au noir) puis naît à la vie (l’Œuvre au blanc) et finit le soir au soleil couchant, à l’heure de la mort (l’Œuvre au rouge). Merci pour tout ce que tu fais et donnes aux passionné(e)s, dont je suis.
    Jean-Pierre de Sète (34).

  2. EPLE VERONIQUE dit :

    Bonjour Laurent

    Merci pour votre article passionnant sur la restauration de Notre Dame de Paris.
    Je souhaitais vous informer que dans la Cathédrale St Etienne de Metz, le mobilier liturgique a également été remplacé par un autel contemporain qui ne dénature nullement l’intérieur de l’édifice, cet autel s’harmonise parfaitement avec l’ensemble, il est signé Mattia Bonetti et Christophe Bottineau et réalisé en fer, fer doré et marbre, des chandeliers et lustres complètent le tout.
    Même si des ajouts contemporains peuvent choquer des « puristes », cela contribue à l’évolution normale d’un bâtiment quelque en soit l’affectation.
    Pour mémoire, notre cathédrale s’enorgueillit de vitraux couvrant une période du XIIIe à bientôt XXIe siècle par l’ajout d’un vitrail contemporain de l’artiste coréenne Kimsooja.
    Petite anecdote ; certains touristes ont trouvé la cathèdre placée à gauche au choeur de la cathédrale trop « moderne », elle date du IXe siècle ou même antérieure à cette date !

  3. Marteau dit :

    Merci pour cet article qui montre encore une fois que les choix sont toujours difficile entre figer le passé ou continuer à laisser vivre un lieu.
    Parisienne et prof d’Histoire, j’aime l’idée que ND vive et appartienne aussi aux fidèles, pas seulement aux touristes ou aux gardiens du temple de ce qui n’est déjà plus la cathédrale d’origine… ceux-là même qui du temps de Viollet-Leduc se seraient certainement opposés à son projet, et qui aujourd’hui le défendent.

  4. marchand dit :

    Bonjour,
    En réaction à votre article, je me tiens un peu dans les mêmes dispositions. La cathédrale « d’origine », ce serait reprendre les dessins des premiers maîtres d’oeuvre, les mêmes matériaux, les mêmes techniques, et malgré cela, le bâtiment resterait un bâtiment refait. Désolée pour les amoureux de l’authenticité, mais quand c’est détruit, c’est détruit. On peut toujours se faire plaisir en faisant à nouveau, sur le même modèle, mais la disparition fait partie de la vie (et on l’oublie trop souvent). Cependant, j’avoue que l’idée de transformer ce monument magnifique en musée moderne, spectacle de sons et lumières agressifs et dénaturants, me peinerait. Mais je ne crois pas que ce soit le projet. Tout d’abord parce que les personnes qui s’en occupent au quotidien et qui demandent des aménagements qui rendraient leur travail moins difficile, sont sûrement attentifs à leur lieu de culte. Ensuite, parce qu’effectivement, l’Etat, propriétaire, protège le bâtiment par une loi stricte. Comme vous le dites, c’est un bâtiment utilisé, donc vivant. Il évolue, au même titre que la langue. Et de la même façon, il nous appartient d’avancer aussi ou de rester figés dans le passé comme des livres ouverts sur une étagère. Ce qui nous empêche pas d’être vigilants face aux débordements, de tenter une voie centrale : une nef, en quelque sorte.

  5. Sébastien Mainil dit :

    Bonjour Laurent,
    Merci pour ce bel article qui fait le point sur la situation de manière très claire.
    Les interventions proposées s’inscrivent dans la réversibilité : des bancs déplaçables (permettant de meilleures configurations pour le culte), des sources d’éclairage à l’intensité variables, des projections sur les murs (une solution multimédia non invasive), des intégrations d’oeuvres contemporaines (tout en conservant des éléments du 19ème sur le site). Il n’est nullement quasi ici d’intervenir et de modifier l’infrastructure de la cathédrale mais bien de la conserver et de la restaurer pour la magnifier et la transmettre.
    N’oublions pas de la création d’aujourd’hui (empreinte de respect et d’humilité de la part du collectif d’artistes) sera le patrimoine de demain.
    Personnellement, je suis nettement moins choqué par ce projet qui inscrit davantage la cathédrale dans la vie cultu(r)elle d’aujourd’hui que par la construction, au 21ème siècle, de quartiers complets s’inspirant (ou copiant bêtement ?) des architectures anciennes où le vrai ou faux devient impossible à discerner et où s’exprime le manque de créativité et d’audace de ses concepteurs.

  6. Pierre-Yves le souffle-poussière dit :

    Si je me souviens bien: les lieux que les hommes depuis les premières sépultures à travers les temps ont « consacrés »à la théophanie n’ont-ils pas pour mission essentielle de » figer » le temps séculier pour tenter d’atteindre à l’Eternité qui caractérise le Divin? C’est pour cela que depuis toujours le rite de la liturgie entre autre se doit logiquement de demeurer immuable par simple effet miroir « pour que ce qui est en haut, soit comme ce qui est en bas » selon les paroles de l’Hermès Trismégiste. Il suffit d’observer les faits: Vatican 2 a vidé les églises de leurs fidèles par démagogie progressiste, en abandonnant l’universalité qu’offrait la merveilleuse langue lapidaire latine : Alors temps pis! Merci au pétrophile.

  7. Marie-Christine Van Hoof-Gruselle dit :

    Merci pour cet article qui remet beaucoup de choses en place …
    On rit en effet doucement quand on associe authenticité et Viollet-le-Duc (même si, grâce à ce dernier, beaucoup de monuments ont été sauvegardés).
    Quant au nouveau sens de circulation, il se rapproche du sens de déambulation des pèlerins du Moyen-Âge: ils remontaient le bas-côté Nord, se recueillaient devant le chœur ou dans la crypte et sortaient par le bas-côté Sud. Rien de bien choquant donc !

    Alors, que vive Notre-Dame !

  8. LJY Yves dit :

    L’histoire justement n’a t’il pas pour définition de garder le plus: l’origine d’un lieu ?
    Certes les techniques ont changées, mais honorer au plus cette origine, ne serais-ce que celle deV. le Duc qui est centenaire (pour le moins), reste assez proche de l’histoire, au moins en respecte ce qui en fit l’authentique de la chose.
    Je ne suis pas chrétien, mais je pense que conserver la forme est le moins que l’on puisse faire à l’histoire même incomplète.

  9. Michel GUIDONI dit :

    j’approuve le sens de votre intervention Laurent. Il est tout à fait normal que l’on souhaite profiter des effets pratiques de la modernité pour améliorer la manipulation des sièges ou l’éclairage du lieu.
    Excellente initiative aussi de profiter de l’occasion pour introduire l’art contemporain dans ce haut lieu historique et ainsi avoir un rôle d’incitation pour les suiveurs
    Il serait vraiment désastreux de restaurer sans faire entrer quelques éléments de modernité dans l’édifice qui feront office de dateurs. Ne soyons pas victimes du biais de « la distorsion nostalgique » selon laquelle tout était toujours plus beau « avant »! A l’heure de l’écologie punitive et des propositions de retour à des pratiques culturales moyenâgeuses inscrivons la reconstruction de la cathédrale dans son temps. Et ce, sans honte aucune!

  10. Renaud BERGER dit :

    Difficile de statuer sur quoi que ce soit sans avoir de visuel sur ce qu’ils veulent faire…Toutefois, je reste dubitatif…Je n’ai pas vraiment confiance dans le discernement artistique des catholiques modernes et j’espère bien que les historiens de l’Arts et conservateurs du patrimoines réussiront à les sauver d’eux-même et de leur mauvais gout en matière d’Art moderne et de leur impossibilité à comprendre ce qu’est vraiment la modernité et le progressisme.

  11. BONNOT dit :

    Bonjour Laurent,
    En tant qu’agnostique, mais engagé patrimonialement parlant, jusques-et-y compris le patrimoine religieux, je trouve intéressant ce débat.
    Il me semble que la 1ère question à poser serait : « Qu’en pensent les utilisateurs ? Ont-ils été consultés ? ».
    La 2e question serait : « La cathédrale étant propriété immobilière de la Ville de Paris (à fortiori en se trouvant classée M.H.), la Ville a peut-être son mot à dire (par exemple en termes d’ordre public ou de sécurité des personnes) ? Est-elle consultée ?
    La 3e question est : « Puisque la liturgie est évolutive, comme vous le faites remarquer justement, le clergé actuel ne doit-il pas s’inscrire dans une démarche d’aménagement totalement évolutif ? ».
    Enfin, l’image patrimoniale de ND de Paris est mondiale, voire universelle. Ce n’est plus un symbole exclusivement catholique. Son aménagement intérieur gagnerait peut-être à être un peu moins « catho-centré » (désolé pour cet apax sans arrière-pensée) ?
    Michel

  12. Claude dit :

    Lorsque le prêtre s’adressait aux fidèles , c’était en langue vernaculaire, sur décision pontificale depuis je crois le IXe siècle.
    Il parlait du haut d’une chaire munie d’un abat-son – haute technologie de l’époque. Certes la messe était dite en latin, mais les fidèles la connaissaient par cœur (et les missels étant « bilingues » ils savaient parfaitement ce qu’ils disaient!) Sur l’universalité du latin, voir ou revoir le film « Joyeux Noël »…
    Quand à M. Berger et son mépris pour les catholiques modernes et leur « mauvais goût » je lui conseille de regarder Narthex, revue numérique consacrée à l’art sacré moderne , cela pourrait lui donner à réfléchir…
    Encore merci à Laurent Ridel pour ses lettres toujours enrichissantes;

    • Renaud BERGER dit :

      Claude,
      En effet, le message que j’ai rédigé était inutilement agressif, blessant et méprisant. Je m’excuse sincèrement d’avoir participé à l’ambiance conflictuelle que l’on retrouve trop souvent dans les débats d’idées, notamment sur Internet.

      Toutefois, je reste sur mes positions et je continue de penser que l’Art moderne et l’Art ancien ne font pas toujours d’intéressant contraste. On a souvent eu l’impression d’être en face d’esthétiques hétéroclites qui coexistent au lieu de s’équilibrer, de s’harmoniser ou de se répondre.

      Aussi, et par soucis d’honnêteté, je dirais que le mauvais gout n’est effectivement pas l’apanage des seuls catholiques. Beaucoup d’atrocités ont été faites au nom d’une idéologie ou d’une autre. Il suffit de voir le massacre en cours de la ville de Paris. Avec ces projets bancals, mal budgétisés et fait dans l’urgence du temps court des mandats électoraux. Pour donner des exemples précis, je pense aux urinoirs aux couleurs criardes, aux bancs ouvragés qui sont remplacés par des constructions hideuses en bois de palettes, et la « végétalisation », pourtant nécessaire pour que la ville reste vivable lors des canicules répétées, qui meurt par faute d’entretiens.

  13. Plinio dit :

    Je ne suis pas si rigoriste que je pense que vous ne pouvez rien ajouter dans la cathedrale.
    Mais je me méfie fortement du bon sens du clergé catholique moderne, qui a renoncé à l’ancienne esthétique.
    S’ils font des incréments dans le même esprit que ceux qui ont fait la cathédrale, ça va être bien, sinon ils courront le risque de faire ces aberrations qui apparaissent parfois dans les cathédrales anglaises, en brisent toute l’atmosphère de la cathédrale

  14. Dubost dit :

    Nous avons ÉLU des dirigeants qui ont eu l’esprit de laisser à des spécialistes le soin de « faire au mieux ».
    Ne peut on pas arrêter de refuser tout changement au prétexte de l’authenticité ? C’est tellement confortable !
    Et au fait, au nom de l’authenticité, pourquoi ne supprimerait-on pas les vitraux, l’électricité, le chauffage, et même les bancs ?

  15. Francis Dugardin dit :

    Au sujet de la restauration de N D de Paris, j’ai eu la chance de montrer les charpentes de notre cathédrale de Lisieux (notamment une charpente en chêne du XIIème S à Frédéric EPAUD, l’un des spécialistes, si ce n’est le spécialiste reconnu des charpentes de nos édifices religieux. Au sommet de la tour Nord, Il s’est écrié:
    « Pourquoi avons-nous hésité entre le chêne et le béton armé? Combien de temps aurait résisté le béton armé alors que la preuve est apportée que le chêne va résister plusieurs siècles….

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