Des puits dans les églises ! Mais pourquoi ?

Dans les maisons ou dans les villages, un puits sert à disposer d’eau pour l’arrosage, pour la cuisine ou pour le nettoyage. Autant d’activités sans rapport avec les fonctions d’une église. Et pourtant, on découvre des puits à l’intérieur. Quel était leur rôle ? Pourquoi ont-ils été souvent bouchés ?

Quand j’étais guide dans la cathédrale de ma ville (Lisieux), je me faisais un plaisir d’indiquer aux visiteurs un endroit de la nef, occupé simplement par des chaises. Je leur demandais de s’approcher. Les visiteurs étaient intrigués : qu’y avait-il de curieux ou d’intéressant ici ? La réponse se trouvait sous leurs pieds. Ils marchaient sur une dalle gravée du mot « puits ». Elle rappelait l’emplacement d’un puits dans la cathédrale.

Puits Lisieux
Dalle posée en 1918 et précisant l’emplacement du puits dans la cathédrale de Lisieux.

Naturellement, je m’empressais d’expliquer cette présence insolite. À l’époque (c’était il y a 20 ans environ), je donnais trois raisons :

  • Cultuelle. L’eau du puits était utilisée pour la liturgie.
  • Militaire. Lorsque la ville était assiégée, les habitants se réfugiaient dans la cathédrale où il pouvait compter sur des murs solides et un point d’eau
  • Artisanale. Pendant la construction de l’édifice, les travailleurs avaient ainsi un accès direct sur le chantier à l’eau nécessaire à bâtir.

Je le disais tout à l’heure : c’était il y a 20 ans que j’affirmais cela aux visiteurs avec tout l’enthousiasme et la naïveté de ma jeunesse. Même si j’étais parallèlement étudiant en histoire, je dois reconnaître que j’avais des connaissances assez limitées sur les cathédrales. Aujourd’hui, est-ce que je donnerais les mêmes arguments ?

Mon objectif

Si vous me lisez régulièrement, vous connaissez probablement ma démarche. Les églises sont un monde difficilement déchiffrable, car elles ont été souvent bâties il y a plusieurs siècles. Pourquoi sont-elles bâties ainsi ? Comment fonctionnaient-elles ? Que signifiait telle peinture ou telle sculpture ? Ces interrogations font parfois fleurir des interprétations inexactes, voire farfelues, sur le sujet.

J’essaie donc de trouver la vérité, du moins de m’en approcher. Notamment en lisant de véritables spécialistes de l’histoire ou de l’art du Moyen Âge, qui savent regarder une époque ou un monument avec les yeux de leurs contemporains.

À propos des puits, cette aide des historiens ou des historiens de l’art s’évanouit. J’ai beau éplucher les livres de ma bibliothèque, le sujet ne fait pas partie des préoccupations de leurs auteurs. Nous allons donc devoir, vous et moi, essayer de progresser et de poser quelques balises (mais sans détresse).

Le puits d'Etretat
Le puits d’Etretat (Seine-Maritime). Même des églises modestes peuvent avoir un puits.

Si Viollet-le-Duc le dit

Reprenons les arguments. La présence de puits dans les églises tiendrait à trois raisons :

L’explication cultuelle

L’argument tient la route sans totalement me convaincre. Certes, l’eau est indispensable pour le culte. Il faut remplir la cuve baptismale ; pendant les messes, les prêtres se lavaient les mains. En témoignent les petites piscines ou crédences qui sont logées dans les murs.

Ces nécessités du culte justifient-elles le creusement d’un puits ? Il y avait sûrement des moyens plus faciles d’obtenir de l’eau (rivière, citerne), mais l’eau, recueillie dans le périmètre de l’église, était peut-être estimée plus pure. C’est une hypothèse que je ne peux pas prouver.

L’explication militaire

Lors des sièges, les églises pouvaient servir de refuge. À Lisieux, au début de la guerre de Cent Ans, la cathédrale et le manoir de l’évêque formaient un ensemble fortifié appelé Fort-l’Evêque. Les traces en ont disparu, mais l’on peut voir ailleurs des églises à prétention défensive. Comme les châteaux forts, elles possèdent des façades peu percées, une tour et des meurtrières. Or, à quoi bon avoir un bâtiment en état de se défendre si les défenseurs et les réfugiés mouraient de soif à l’intérieur ?

Vous conviendrez de la valeur de l’argument. En même temps, toutes les églises n’étaient pas des châteaux en puissance. Dans certaines villes, les remparts suffisaient à la protection. Dans certains villages, la fuite était la meilleure solution pour survivre. Alors pourquoi creuser un puits ?

Le Christ et la Samaritaine
Cet article sent le renfermé. Evadons-nous brièvement avec cette peinture de 1508, représentant “Le Christ et la Samaritaine” (pas le magasin !). La femme, venant de la région de Samarie, boit les paroles de Jésus tout en puisant l’eau. Remarquez son adresse : elle vise parfaitement la cruche sans la regarder ! Il n’y a pas que le Christ capable de miracle. (peinture de Jan Joest Von Kalkar, Bildarchiv Foto Marburg)

L’explication artisanale

Pendant les chantiers de construction, l’eau était un ingrédient nécessaire à la préparation des mortiers, le ciment de l’époque.

C’est en fait l’architecte des monuments historiques Viollet-le-Duc (1814-1879) qui est à l’origine de cette explication. Dans son toujours utile Dictionnaire raisonné de l’architecture, il accorde un article au puits dans lequel il précise : « Presque toutes les églises possèdent un puits, soit percé dans une crypte, soit dans un collatéral. Ces puits avaient primitivement été creusés pour les besoins des constructeurs ; l’édifice terminé, on posait une margelle à leur orifice, et ils étaient réservés au service du culte. ».

Peut-on critiquer Eugène Viollet-le-Duc, le dieu de l’architecture médiévale ? Je suis un nain à côté de lui. Je m’autoriserai juste cette réflexion : encore une fois, n’y avait-il pas des moyens — un peu moins proches, mais plus pratiques — d’obtenir de l’eau ? Par exemple, une rivière (plusieurs traversent Lisieux) ou une citerne qui recueillait l’eau dévalant les immenses toitures de l’église ? Avec un puits, vous vous approvisionnez en eau au rythme du seau que vous descendez et remontez avec une manivelle et une corde. C’est faisable, mais peut-être moins efficace qu’un puisage dans un cours d’eau.

Le double-puits de Dol-de-Bretagne
Le puits de Dol-de-Bretagne est double ! A droite, un conduit part d’une chapelle de la cathédrale. A gauche, le puits est extérieur. Dessin de Patrick Amiot.

Aucun des trois arguments (cultuel, militaire, artisanal) n’emporte mon adhésion totale, car je n’ai pas trouvé de textes médiévaux qui attestent ces trois utilisations. En fait, les sources d’époque nous orientent vers une autre fonction…

Le puits sacré

Vers l’an 900, l’abbé Abbon nous explique que dans la crypte de son monastère — l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés à Paris — se trouve un puits à côté du tombeau de l’illustre saint Germain, ancien évêque de Paris. Cette proximité avec un corps saint rend l’eau miraculeuse. Le prêtre chargé de la garde du puits est un coquin : il vend très cher le liquide aux malades qui en attendent une guérison.

À Chartres, la crypte de la cathédrale abritait un hôpital. D’après l’historien de l’art Lefèvre-Pontalis, on soignait les malades avec l’eau du Puits des Saints-Forts. Les pèlerins venaient nombreux y boire, attirés par sa réputation miraculeuse.

L’origine de ce pouvoir remonte à un événement dramatique. En 858, les Vikings s’emparent de la ville. L’évêque Frotbold et de nombreux fidèles sont égorgés. Après le départ des envahisseurs, les survivants jettent, selon la légende, les cadavres de ces martyrs dans le puits. Loin de contaminer l’eau, les corps sacrifiés lui auraient donné des vertus curatives.

Comme le prouve ces anecdotes, les puits ont donc une quatrième fonction : guérir.

Vous me répliquerez toutefois : « oui, mais ça n’explique pas pourquoi on l’a creusé. Quand on se débarrassa des cadavres à Chartres, le puits existait déjà. Quelle est son origine ? ». Bien dit ! Vous êtes très fort 😊. Je suppose que certains d’entre vous ont même une réponse à cette énigme : ces orifices souterrains remonteraient à des temps plus reculés, antérieurs à la christianisation. Ah là, nous n’allons pas être d’accord.

Des puits païens aux puits chrétiens

La cathédrale de Chartres renferme une immense crypte.

Dans la crypte de la cathédrale de Chartres, le puits des Saints-Forts serait une bonne illustration de ces sites païens. Une tradition médiévale racontait que la crypte remplaçait une grotte où se réunissaient les druides. Le puits serait contemporain de ces Gaulois. D’ailleurs de nombreuses publications le qualifient de « puits gaulois », de « puits celtique » ou de « puits gallo-romain ».

Prudence, prudence. Outre le fait que cette explication apparaît subitement après le XIIIe siècle, l’archéologie est à ma connaissance aujourd’hui incapable de déterminer si un puits est antique, carolingien ou médiéval. Donc, méfiez-vous si un guide ou un fascicule vous présente un puits d’église comme gaulois. Surtout s’il n’a pas été fouillé avec des méthodes modernes.

Vous me répliquerez que ça n’interdit pas d’en émettre l’hypothèse. Et vous avez raison (quelle perspicacité !). Le puits était peut-être en effet le centre d’un culte païen que l’Église a habilement christianisé en l’intégrant à une église et en brodant autour une légende sainte. Les puits chrétiens recouvrent les vestiges d’un paganisme ancien. 

Autant je pense ce raisonnement possible pour une source — une eau qui surgit de la terre présente un aspect presque magique — autant pour le puits, je doute. On ne creuse pas un puits au hasard. On sait qu’à une profondeur plus ou moins variable, on va tomber sur une nappe phréatique. Où est le prodige ?  

Ensuite, les puits ne semblent pas fasciner les païens. J’en tiens pour preuve un acte de Charlemagne à l’encontre des restes de paganisme dans la population. Dans le capitulaire Admonitio generalis, le futur empereur commande : « pour ce qui est des arbres, des pierres et des fontaines, auprès desquels des pauvres d’esprit allument des flambeaux ou pratiquent d’autres rites, nous ordonnons que ces usages exécrables à Dieu soient totalement anéantis et que partout ils disparaissent ».

Pas tendre, ce Charlemagne. Vous noterez surtout qu’il n’est pas fait mention des puits. Ils ne semblent pas revêtir un caractère sacré dans les populations non ou mal christianisées.

Reste un dernier mystère à éclaircir…

La fermeture des puits

En 1687, les chanoines de la cathédrale de Lisieux refont le dallage de leur église. Dans le sous-sol de la nef, ils ont la surprise de tomber sur le puits. N’en voyant pas l’utilité, ils le recouvrent d’une grande dalle qu’ils vont emprunter à l’un de leurs prédécesseurs : sa pierre tombale est récupérée pour boucher le trou ! Mort depuis un siècle, le chanoine défunt n’était plus en état de protester contre cette violation de domicile.

Fouilles de la cathédrale de Lisieux
Coupe du sous-sol de la cathédrale de Lisieux. En 1918, des fouilles ont permis de retrouver l’emplacement du puits, déjà repéré en 1687 (Cahier du baron de Moidrey, Ms 172, Médiathèque André-Malraux de Lisieux).

L’autre intérêt de cette histoire, c’est de montrer que la mémoire de ce puits était perdue au XVIIe siècle. Sûrement parce qu’il avait été depuis longtemps obstrué. À Chartres, le puits des Saints-Forts semble avoir été comblé au XIIIe siècle lors de la construction de la cathédrale gothique. En tout cas, il ne fonctionnait plus en 1580. À Saint-Germain-des-Prés, le puits disparaît vers 1160, aussi lors de la transformation gothique du monument.

Paradoxalement, ces abandons de puits donnent un éclairage sur leur utilisation. Aucune des fonctions que nous avons déterminées (cultuelle, artisanale, militaire, guérisseuse) ne semble avoir été suffisante pour justifier la continuité d’exploitation de son eau. À Lisieux, la création de remparts autour de la ville au XVe siècle a peut-être fait perdre à l’église son intérêt défensif. L’accès à un point d’eau n’était plus nécessaire. Nous avons donc une explication pour l’argument militaire. Par contre, pour le reste, l’abandon du puits devrait vous surprendre.

Alors qu’on pensait que les puits étaient utilisés pour la fabrication du mortier, ils sont justement abandonnés au moment de l’ouverture de grands chantiers gothiques de reconstruction à Chartres et Saint-Germain-des-Prés. Alors que l’on continue à baptiser et à faire des messes, on comble une des ressources possibles en eau pure. On n’a même pas voulu conserver la fonction guérisseuse. Est-ce qu’elle dérangeait ? Le clergé se méfiait peut-être d’une pratique qui flirtait avec la superstition.

Puits dans l'église Saint-Pierre de Regensburg
Puits dans l’église Saint-Pierre de Regensburg (vers 1500, Allemagne)

En somme, la fonction des puits dans les églises reste en partie mystérieuse. Je suis désolé de vous livrer, encore une fois, un article aussi peu affirmatif. Sans jeu de mots, je vous laisse un peu au fond du trou. Si on regarde du bon côté des choses, tant mieux. On ne sait pas tout ou je ne sais pas tout. Bientôt, espérons-le, nous aurons le bonheur d’entendre ou de lire un historien ou un archéologue qui nous apportera la solution de l’énigme. Vous avez une idée ? Laissez-la en commentaire tout en bas de cette page !  

Liste non exhaustive des églises dotées d’un puits

Ils ne sont pas tous visibles.

Bretagne

Cathédrale de Dol

Grand-Est

Cathédrale de Troyes, basilique de Notre-Dame-L’Epine,

Pays de la Loire

Cathédrale de Nantes (visible), église de Cheffois

Normandie

Cathédrales de Bayeux, de Rouen, de Sées, de Lisieux, de Coutances, église d’Etretat

Centre-Val-de-Loire

cathédrales de Chartres, église de la Ferté-Villeneuil

Occitanie

Cathédrale de Rodez, abbatiale de Saint-Gilles-du-Gard, églises de Livernon, de Larresingle, de Gallargues-le-Montueux

Nouvelle-Aquitaine

abbatiales aux dames à Saintes, collégiale de Capdrot, églises de Nadaillac, de Beaumont-du-Périgord

Auvergne-Rhône-Alpes

Abbatiale de Saint-Philibert de Tournus, basilique Notre-Dame-du-Port de Clermont-Ferrand, église de Chaussan

Hauts-de-France

Cathédrale d’Amiens, abbatiale Saint-Médard de Soissons,

Île-de-France

Abbatiale de Saint-Germain-des-Prés ; église de Saint-Sauveur de Melun, église de Saint-Sulpice-de-Favière

Provence-Alpes-Côte-d’Azur

église des Saintes-Maries-de-la-Mer, de Chaussan, de Nadaillac, de Livernon, de Larressingle…

A l’étranger

Basilique Saint-Hermès-de-Renaix (Belgique), Eglise de Servion (Suisse)

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57 Responses

  1. PESTRE Chantal dit :

    Bonjour Laurent, je viens de découvrir votre article sur les “PUITS” dans les églises avec beaucoup d’intérêt comme tous les autres!! Ne serait ce pas une “réserve d’eau” tout simplement pour pallier aux sécheresses ou autres fléaux à une certaine époque? Enfin il faut bien un peu de mystère cela met du “piment”…Je vous remercie de tous ces articles fort riches lorsque l’on est “passionnés”. Je vous retrouve parallèlement sur Fb avec beaucoup de bonheur car “abondance de bien” ne nuit pas, surtout en ce moment où les journées de “confinement” en appartement sont longues. Prenez soin de vous bonne confinuation. Chantal PESTRE

    • Laurent Ridel dit :

      Bonjour Chantal. Merci pour votre fidélité. Votre hypothèse d’une réserve d’eau en cas de sècheresse peut sembler valable mais, dans ce cas, pourquoi la mettre dans l’église et non devant, sur la place du village ou de la ville ? Tous les habitants y auraient plus facilement accès.

      • PESTRE Chantal dit :

        oui effectivement je n’avais pas pensé à cela…peut être alors un “symbole ” ésotérique savoir ou celui du pouvoir de guérison très en “vogue” d’autant que l’accès à ce “miracle” ne devait pas être “gratuit”..et honni soit qui mal y pense!!! cordialement Chantal

      • Turuban dit :

        Je suggère une explication météo : toutes les retenues d’eau connaissent une évaporation importante en raison du soleil. Les agriculteurs le savent bien. Ils repèrent d’ailleurs les cours d’eau en sous-bois ou même en forêt comme source d’irrigation. Un puits dans une église présente l’avantage de donner accès à une source sûre, ombragée et donc… fraîche. Idéal en cas de siège.

      • yves JANNY dit :

        Bonjour Laurent,
        Si tu le souhaites, j’ai des archives concernant les fouilles effectuées dans la Cathédrale Saint Pierre pour la découverte du puits.
        Pour bonne suite.
        Amicalement. Yves.

  2. Christine LeMaur dit :

    Bonjour Laurent et merci encore pour cet article, même s’il nous laisse un peu (beaucoup) sur notre soif ! Peut être aurons-nous d’autres hypothèses à explorer via les historiens d’Academia ? Je m’en vais y poser la question. En tous cas, c’est une vraie question qui n’a pas fini de me hanter ! Bon dimanche !

    • Laurent Ridel dit :

      Bonjour Christine. Je suis jaloux : malgré les quelques jeux de mots que j’ai placés dans l’article, je n’avais pas pensé à celui sur la soif 🙂 Attendons donc les hypothèses des auteurs sur Academia.

      • Mazoyer dit :

        Bonsoir,
        Cet article est, comme toujours, passionnant et les commentaires poursuivent ces mises en réflexions. Merci à tous !
        Question tout à fait naïve, ne possédant pas votre érudition en la matière, pourquoi écartez-vous la possibilité que ces cathédrales soient construites sur des sites antérieurs au christianisme ? Les sources et puits semblaient constitutifs de ces lieux de culte comme semble l’affirmer Mircea Eliane.
        Je vous remercie,

  3. Boilot Danielle dit :

    Je vous signale l’église St Sulpice, dans le village de St Sulpice de Faviere (91), qui édifiée au 13ème siècle, et importante par rapport au village, renferme un puit bien visible (ou remis en visibilité) dans la “chapelle des miracles” voir article wikipédia très complet sur cette église.

  4. Dubost dit :

    Bonjour,
    Toujours pertinentes vos interrogations !
    Mais faut il absolument avoir UNE SEULE explication ?
    Le rôle d’approvisionnement en eau pour la construction me convient bien;
    Le caractère sacré de l’eau me semble difficile à contester dans la religion catholique;
    La necessié de s’approvisonner pendant les sièges a été une réalité parfois cuisante;
    Et viollet-Leduc, pour avoir été un pape de l’arrchitecture médiévale n’avait pas beaucoup le souci de préserver les théories des autres !

    Donc votre liste de posibilités me convient parfaitement et je laisse le soin aux dogmatiques de trouver LA SEULE BONNE EXPLICATION qui satisfera leur égo à défaut de comblee la science.

    Cordialement et merci pour ce joli boulot

    • Laurent Ridel dit :

      Merci. En effet, on peut imaginer plusieurs explications ou plusieurs usages successifs. C’est ce qu’indique Viollet-le-Duc en proposant un usage pour la construction puis pour le culte.

  5. françoise garnier dit :

    merci Laurent pour cet article qui ouvre bien des voies pour assouvir notre soif: on attend avec impatience une suite car effectivement la présence tels édicules m’avait surprise! Bon dimanche à vous

  6. Eric dit :

    Pensons au petit prince qui trouve un puits dans le désert, pensons à Ayin 16 eme lettre hébraïque qui vaut 70 et qui représente un œil ou une source et surtout à l’effet de l’eau courante L’eau au point de vue physique nous nettoie le corps Au niveau psychique elle nettoie nos miasmes ( voir aussi le fen shui l’eau doit être devant nous ) L’eau doit circuler sous la cathédrale pour nettoyer le lieu Que des pistes de réflexions pour alimenter des questions et non fournir une réponse :):):)

  7. christiane guyot dit :

    bonjour
    j’ai une question : Les puits sont ils tous plein d’eau ? car je me souviens d’une histoire sur ma ville natale (Lagny sur marne ) ou il servait de souterrain en cas ennemis envahissant . Est des histoires aussi pour les touristes ?
    merci pour les articles interessant et qui donne a refflechir

    • Laurent Ridel dit :

      Je ne connais pas le sujet. J’ai déjà lu la mention de puits-refuge. Je doute de leur praticabilité. On ne pouvait pas s’y réfugier rapidement. Et je me demande comment le dernier pouvait descendre s’il n’y a personne en haut pour ralentir sa descente. A moins d’être équipé comme un spéléologue.

  8. vincent ramnoux dit :

    Bonjour Laurent, encore un excellent article. Je ne connaissais pas du tout l’existence de puits intra muros dans une église. Décidément dans un édifice religieux il faut regarder du sol au plafond!
    Dans les premiers temps de la chrétienté les églises furent souvent des anciennes basilica romaines où semble t’il il n’existait pas de point d’eau à l’intérieur, peut être un tel point d’eau se trouvait à coté mais à l’extérieur des murs. Je ne parle pas là des proto églises situées à l’intérieur des domus romaines, disposant d’un atrium et donc d’un point d’eau, ce qui facilitait grandement le remplissage des baptistères quelque peu imposants.
    Ne se peut il pas que lors de l’extension de la basilica, ou la transformation de la domus en réelle église, on ait inclus le puit (avec sa symbolique d’eau pure baptismale) dans l’édifice. L’eau ayant “lavée” la terre, lavait aussi le pécheur.
    Puis lorsque les baptistères furent obsolètes et démontés, quand les églises romanes furent agrandies, les puits tombèrent dans l’oubli.
    Bon confinement, take care! Vincent

    • Laurent Ridel dit :

      Merci Vincent. Hypothèse intéressante. Sans être aussi précis que vous, je remarque que certains puits semblent avoir été intégrés dans l’église après agrandissement de l’édifice. Cas possible à Dol et à Notre-Dame de Chartres. Je note aussi votre lien entre fermeture des puits et abandon des baptistères. A creuser 🙂

  9. Bathilde dit :

    Bonjour Monsieur,
    Merci pour cet article très intéressant.
    En lisant votre article où vous vous demandez “pourquoi un puit dans une église”, j’ai pensé à une réponse. Elle est peut-être un peu naïve, mais peut-être cohérente. Je vais m’appuyer sur l’exemple de la cathédrale de ma ville, celle d’Amiens. Dans la cathédrale d’Amiens, il y a un puit également dans le déambulatoire nord. Il s’appelle puit Ste Ulphe car cette dernière aurait puiser son eau ici (VIII ème siècle). Si c’est vrai, il est donc antérieur à la cathédrale. Ce puit au VIII ième siècle était à l’extérieur de la cathédrale. Ce n’est qu’à partir de 1220, au début du chantier qu’il se retrouve dans l’édifice. Je pense à ce moment qu’il a eu les 3 usages que vous avez évoqué. Il fut rebouché au XVIIIème siècle. Mon raisonnement est le suivant : plutôt que de reboucher un puit qui se trouve sur le site, pourquoi ne pas le conserver pour de multiples usages dont cultuel. De plus, l’eau est symbole important dans la religion catholique (c’est une source d’eau vive, entres autres).
    Ce n’est qu’une idée un peu bête qui peut être approfondie…
    Bathilde

    • Laurent Ridel dit :

      Bonjour, comme je l’écrivais à Vincent dans un autre commentaire, il a pu exister des puits intégrés dans une cathédrale suite à son extension. Donc votre réponse n’est pas naïve. Ensuite, il faut se demander si ces puits étaient vraiment extérieurs. Autrefois, les églises formaient un groupe d’édifices dans les villes. Plusieurs églises se côtoyaient (dont une servant notamment de baptistère). Le puits pouvait appartenir à une de ces églises, détruite lors de l’agrandissement de l’édifice principal.

  10. Feuillas dit :

    Les puits dans les églises sont symboliques, ça rappelle la philosophie de la table d Émeraude, le haut et le bas. C est aussi la mémoire de l eau, encore de la symbolique.
    C est aussi un passage de la bible, le 4 chapitres de la bible selon st Jean avec la samaritaine.
    Bon Dimanche

  11. Bellenger Christian dit :

    Bonjour Laurent,

    Encore un superbe article et qui tombe à point.
    En effet, cet été, coup sur coup j’ai visité la Cathédrale St Samson de Dol de Bretagne avec son puits double (qui m’a beaucoup intrigué ) et quelques jours plus tard, de passage à Coutances j’ai eu la surprise en visitant la Cathédrale Notre Dame d’y retrouver aussi un puits à l’intérieur.
    je m’étais mis en tête de te faire part de ces originalités mais d’autres m’ont devancé 😉
    Pour Coutances, il y une rue qui mène à la Cathédrale et qui s’appelle ” Rue du puits Notre Dame” N’y aurait il pas là aussi un puits extérieur caché ?
    Merci encore pour tes articles qui nous incitent à visiter autrement notre patrimoine.

  12. Thierry BEUREY dit :

    A la Ferté-Villeneuil, village surprenant avec son église fortifiée, il existe un double puits. Voici ce qu’en dit Wikipédia : “Une haute tour en pierre de taille, édifiée au début du xiiie siècle, la flanque au sud. Sous la chapelle absidale médiane est insérée une profonde fontaine monumentale, qui présente la particularité d’avoir une ouverture extérieure avec des margelles, pour un puisage public et une ouverture intérieure, probablement située autrefois sous l’autel, pour un puisage cultuel. Il serait plus logique d’appeler cette structure “puits-fontaine” car il n’y a aucun écoulement, c’est la nappe phréatique qui l’alimente. À la façade ouest, un autre puits-fontaine moins monumental est inséré sous un contrefort d’angle. La fouille de ces deux puits en 1989 et 1990 a permis, entre autres, la découverte d’un lot important de céramiques complètes des xiiie, xive et xve siècles.”
    Merci pour vos articles et vos questionnements !

  13. J Marc Boone dit :

    BONJOUR c’est une question que je me pose souvent ,je n’ai pas vraiment chercher une réponse…
    merci pour l’ouverture de vos travaux et le partage de vos connaissances

  14. Sauze Jean pierre dit :

    Je trouve tout à fait normal qui est des puits dans des églises et bien sûr pour les bâtisseurs qui n avaient pas à aller chercher l eau en se déplaçant hors de l édifice qu’ ils batissaient et ensuite ce puit servait à différents usages on n a toujours besoin d eau

  15. Bruno O dit :

    Bonjour,
    Deux trois petites idées additionnelles…
    – peut-être que ce sont des puits perdus, utiles non pas à puiser de l’eau, mais à l’évacuer.
    – pour rejoindre l’hypothèse du chantier, peut-être était il utile comme puits d’excavation, pour fournir du mortier sur place.
    – Dernière option plus farfelue, peut-être qu’un puits améliore l’acoustique d’un lieu?

  16. Tom dit :

    Bonjour
    Qu il y ait de l eau ou non permet de faire remonter les energies telluriques
    Croisement de veines d eaux et de courants magnetiques positifs.
    Faites l essai un jour si vous etes las ou migraineux… 5. 10 min ou plus a l aplomb du puits vous verrez votre propre ressenti.
    Biensur cela reste une explication occulte…. Il faut parfois savoir mettre de cote son intellect et ressentir les choses physiquement.
    On ne s inquiete de son hygiene de vie le plus souvent que losque la maladie ou symptomes arrivent….
    Santé a tous et merci a tout ce qui est dit. Tout est meilleur quand on le partage.
    Et tout est energie et vibrations qui ajustées à la frequence de la terre permettent avec la grace du tres haut d etre ce que nous sommes.
    Gratitude a la vie et a tous 😉👍

  17. DUMORTIER dit :

    Bonjour,
    Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. J’ai lu il y a quelques années que toutes les cathédrales étaient construites sur des lieux payens. Que nos bâtisseurs de cathédrales mettaient dans leurs œuvres les 4 éléments soit l’eau, l’air (la hauteur vers Dieu,), le feu (la foi) et la terre (les cryptes) où certains initiés travaillaient l’alchimie. Il paraît également que le fait de se trouver à un endroit précis de la cathédrale si tous les éléments sont encore présents il se dégageait une certaine sérénité de l’âme…

  18. Daniel dit :

    Merci pour cette sympathique visite dans l’architecture religieuse.
    Mais peut-être n’avez-vous pas creusé assez profondément ?
    . . . la vérité est au fond du puits ! 😉

  19. Grabez dit :

    Bonjour,
    J’ai fait la visite d’une église et de la Cathédrale St Jean de Lyon avec Pierre Alexandre Nicolas. C’est un éminent géobiologue (entre autre) et sa lecture des sites commence par ce biais là. Il y a un constat assez récurrent: bcp d’églises romanes et cathédrales sont construites sur d’ancien site de cultes paiens (druidiques ) où se mêlent veine d’eau et lignes d’énergie. Le choix des sites de construction par les batisseurs et ecclésiastes n’étaient pas anodins tout comme leur disposition dans l’espace. Comme souligné dans un autre post les cathédrales des premiers tps été des groupes cathédrales formés de chapelles, baptistère, cathédrale… qui ont évolué au fil des siècles. Certain édifices sont restés, bcp modifiés ou disparus. Ce qui rend la compréhension global du pourquoi du comment assez ardue.
    Les baptêmes (etymologie: immerger) des premiers tps se faisaient dans des baptistères ou piscines aménagées, où le baptisé était complètement immergé, de fait il fallait une bonne quantité d’eau. Aussi, une hypothèse plausible est que cette eau sacré (à la croisé des énergies) directement disponible sur site eut été employée à ces fins. L’abandon pourrait aussi s’expliquer par la chasse aux sorcières de l’inquisition dont le but était d’effacer toutes traces païennes ou jugées hérétiques.
    Ce sont qq points plausibles parmi tous les autres, car je pense que les raisons sont multifactorielles.
    Je peux vous conseiller le petit livre de Pierre Alexandre Nicolas: Les énergies de la Cathédrale de Lyon. Alkémia éditions. Et si ça vous parle vous pouvez le contacter via sa maison d’édition.

    • PESTRE Chantal dit :

      bonjour “Grabez” j’ai lu votre commentaire avec intérêt car je suis lyonnaise et la Cathédrale St Jean bien sûr fait partie de mes visites régulières…J’ai bien noté les références de Pierre Alexandre Nicolas, car j’ai déjà fait plusieurs visites guidées de ce monument avec “moult guides” et jamais cette particularité n’a été abordée! dommage! je pense qu’ils font pour du “tourisme de masse” mais pas pour des personnes qui cherchent l’approfondissement…Mon 2ème lieu de balade favori est l”Ile Barbe puisque j’habite sur le Val de Saône et je crois savoir que l’Abbaye n’y a pas été construite “par hasard”, ce lieu ayant été auparavant un lieu de culte païen…il fallait “terrasser le dragon”…Dommage que ce soit une “propriété privée” et que ce site exceptionnel ne soit pas mis en valeur pour des visites culturelles!
      Merci à vous je vois que cet article de notre ami Laurent a suscité beaucoup d’intérêt…Cordialement C. PESTRE

      • Grabez dit :

        Bonjour Chantal,
        j’ai fais aussi qq visites avec d’autres “guides”, des plus décevantes en comparaison. P.A Nicolas fait régulièrement des visites de la cathédrale et parfois du Lyon ésotérique /alchimique, voir dans d’autres villes. Vous pouvez vous rapprocher de la Librairie Cadence dans le Vieux Lyon pour avoir ses dates.
        L’Ile Barbe est effectivement un lieu chargé d’histoire. Et si elle est devenue privée n’est pas anodin. 😉

  20. Guy Dufaur dit :

    Bonjour tout le monde
    Des puits dans des lieux consacrés, de l’eau ayant des vertus thérapeutiques voire miraculeuses, tant au plan physique que spirituel
    Symbole de vie et de résurrection, et de purification par l”eau
    Merci Laurent pour ces articles
    guy

  21. Evelyne dit :

    Bonjour.
    Merci de partager le fruit de vos recherches. Encore un sujet intéressant même si des questions subsistent.
    Le double puits de Dol-de-Bretagne m’intrigue. Sa fonction n’avait donc rien à voir avec l’eau. Il était un passage secret !!!! Est-ce exact ?

  22. Daniel dit :

    Sympathique visite dans le temps et les édifices religieux ; merci !
    Mais, peut-être n’avez-vous pas assez creusé le sujet ? La vérité se trouve au fond du puits ! 😉

  23. martial maignan dit :

    Deux simples réflexions :
    D’abord, toutes les églises n’ont pas dû être construites opportunément au dessus d’une nappe accessible. Mais toutes ont dû être construites sur une fouille préalable pour poser de bonnes fondations, faire un crypte… avec peut être la découverte d’eau à cette occasion. Donc un puits facile à établir, dans ces cas là. (opportunisme). Ce qui expliquerait la relative rareté de ces puits.
    Ensuite, pour le bouchage :
    Un puits ne reste pas forcement sain avec les années… peut être que des intoxications par l’eau du puits ont commandé leur fermeture ?

  24. montembault yves dit :

    bonjour , merci pour votre article sur les puits dans les églises .
    Il se trouve que je fait partie de l’équipe de Patrick Amiot qui a découvert ce double puits en 2009
    permettant une explication simple ,: du fait de sa reconstruction , la cathédrale à englobé le puits initial
    qui se trouvait déjà à l’extérieur et apparemment daté de l’époque gallo romaine , les constructeurs ont donc logiquement
    construit un autre puits pour les besoin de la population et en particulier des chanoines attachés à l ‘archevéché de Dol …
    CE PUITS EST DONC EXTERIEUR et communique avec l’ancien puits par une galerie comme indiqué sur le plan ..D’ou l’appellation de” puits -double ” unique en France …..

  25. mireille schaedgen dit :

    Bonsoir Laurent
    merci pour cet article concernant les puits et leur utilisation présumée . L’église fortifiée de Servion dont je m’occupe (XV siècle ) comporte elle aussi un puits à l’intérieur , puits comblé actuellement situé dans l’une des deux casemates de la tour porche ( inscrite et classée aux M.H depuis 1981 . De ce puits partirait un souterrain de fuite ???hypothèse vraisemblable puisque des radiesthésistes professionnels me l’ont confirmé cet été .Sous l’église , il y a de nombreuses sources , 3 ou 4 , avec un débit important et dont on connaît à peu près la profondeur . Cette église étant celle d’un tout petit hameau d’une centaine d’habitants à l’époque de sa construction a évidemment en plus de la religion , un but d’asile et de refuge . Elle est loin de nous avoir livré tous ses secrets , les archives ayant été brûlées par les anglais . Donc si vous venez un jour dans notre région , vous pourrez peut-être m’apporter quelques éclaircissements . Je vous en avais envoyé une photo il y a qq temps
    Bonne soirée à vous

  26. Paul Claes dit :

    Bonjour Laurent,
    En absence de réponse(s) décisives ou plus convainqantes, il me semblerait intéressant d’élargir le champ d’investigation: la valeur économique (voire sociale, sanitaire et plus), d’un puits et la problématique de l’eau potable.
    Concernant les puits: quelle est leur fréquence (et distribution géographiquement et chronologiquement) dans les églises, et en trouve-t-on dans d’autres constructions de manière comparable (hormi les châteaux pour des raisons évidentes). Je serais curieux d’en connaître le résultat.

    Puisqu’il s’agit de puits à eau, on devrait s’interroger sur l’importance et l’emploi de l’eau à l’époque de la construction des églises concernées: l’eau potable n’était pas toujours évidente, d’où la consommation de boissons fermentées (l’alcool tuant les germes).

    Les puits avaient une certaine valeur, et leur nombre n’était pas illimité, loin de là. La construction d’une église et son emplacement étaient déterminés par certains facteurs (e.a. d’urbanisme dirait-on de nos jours) mais les gens à cette époque préféraient maintenir l’existence d’un puits, plutôt que de le supprimer, pour construire l’édifice.

    Sans en être certain, et ignorant si cela peut nourrir le débat, il me semble que parfois les explications les plus simples sont les meilleures.

  27. Henri-Pierre Juguet dit :

    Bonjour, merci pour votre article.
    Vous dites à un moment que les chercheurs s’efforcent de penser comme les gens de l’époque de construction. C’est bien, faisons de même.
    A ce que j’en sais les églises de cette période du Moyen-Âge n’avaient pas exactement les mêmes fonctions que celles que nous connaissons à présent. Elles abritaient souvent des commerces, des gens sans abri, des voyageurs en route pour un pélerinage, que sais-je encore. Y vivre avec des animaux n’était pas rare, au moins quelques temps. Ces usages ont ensuite disparu et finalement le souvenir s’en est estompé ; aujourd’hui peu de gens le savent… sauf les historiens ! Les églises étaient souvent ce qu’on appellerait aujourd’hui des “Maisons pour tous”, des “Maisons du peuple”, etc. Le description des lieux d’arrivée à St Jacques de Compostelle, par exemple, en montre l’étendue.
    Je me permets donc d’émettre l’hypothèse qu’à de tels usages d’un lieu (c’est à dire d’un lieu de vie, au quotidien, d’un lieu d’habitation) il convient d’avoir un point d’eau. Pour, comme vous le rappeliez, la boisson, le nettoyage, la cuisine. Les Temples protestants, à notre époque, ont souvent des toilettes. Les églises, en Allemagne, ont généralement aussi des toilettes.
    La plupart des églises que nous connaissons sont des reconstructions d’église plus anciennes. (Et beaucoup encore ont été construites sur d’anciens temples !). On pourrait arguer, et ainsi avoir plusieurs pistes de recherche :
    1. que les puits sont concommitants à la construction des églises encore visibles, pour les usages que je décrivais
    2. que les puits existaient dans les bâtiments antérieurs, en on revient au 1.
    3. que les puits existaient avant la chrétienté, parce que l’emplacement avait été un lieu d’habitation ou de culte (et le problème de leur origine reste entièrement…;-) ) Ce point déplace sans doute le problème.
    Il ne faut pas oublier, dans aucune de ces pistes, que des recherches plus approfondies sur le creusement et le maçonnage de ces puits sont nécessaires. Peut-on établir qu’ils ont été directement construits comme ils sont ? ou remaniés (1 ou plusieurs fois ?) afin de récupérer l’existence du puits dans le cas du passage d’une utilisation cultuelle païenne à une utilisation plus triviale et quotidienne pour les personnes vivant dans l’église.
    Toutes ces réflexions me viennent parce que j’ai tenté de me mettre dans l’esprit des gens de cette période du Moyen-âge. Elles n’ont peut-être aucune valeur historique ou archéologique…
    Bien cordialement, Henri-Pierre Juguet

  28. Daniel G. dit :

    Bonjour,
    J’ai fait la visite d’une église et de la Cathédrale St Jean de Lyon avec Pierre Alexandre Nicolas. C’est un éminent géobiologue (entre autre) et sa lecture des sites commence par ce biais là. Il y a un constat assez récurrent: bcp d’églises romanes et cathédrales sont construites sur d’ancien site de cultes paiens (druidiques ) où se mêlent veine d’eau et lignes d’énergie. Le choix des sites de construction par les batisseurs et ecclésiastes n’étaient pas anodins tout comme leur disposition dans l’espace. Comme souligné dans un autre post les cathédrales des premiers tps été des groupes cathédrales formés de chapelles, baptistère, cathédrale… qui ont évolué au fil des siècles. Certain édifices sont restés, bcp modifiés ou disparus. Ce qui rend la compréhension global du pourquoi du comment assez ardue.
    Les baptêmes (etymologie: immerger) des premiers tps se faisaient dans des baptistères ou piscines aménagées, où le baptisé était complètement immergé, de fait il fallait une bonne quantité d’eau. Aussi, une hypothèse plausible est que cette eau sacré (à la croisé des énergies) directement disponible sur site eut été employée à ces fins. L’abandon pourrait aussi s’expliquer par la chasse aux sorcières de l’inquisition dont le but était d’effacer toutes traces païennes ou jugées hérétiques.
    Ce sont qq points plausibles parmi tous les autres, car je pense que les raisons sont multifactorielles.
    Je peux vous conseiller le petit livre de Pierre Alexandre Nicolas: Les énergies de la Cathédrale de Lyon. Alkémia éditions. Et si ça vous parle vous pouvez le contacter via sa maison d’édition.

  29. Alban dit :

    Merci pour cet article qui soulève beaucoup d’interrogations. Je vous signale l’existence du « puits de la samaritaine » dans l’église de Cheffois (Vendée), édifice construit à l’époque mérovingienne.

  30. Francis dit :

    Et puis maintenant que j’ai lu toutes ces puis santes et épuisantes hypothèses, je ne sais plus quoi penser.
    Que puis-je faire ?

  31. Bonjour Laurent,
    Etant guide à Chartres (notamment spécialiste de la crypte), je me permets de donner ici toutes les indications que nous avons sur le fameux Puits des Saints Forts et que vous mentionnez ici à plusieurs reprises.
    D’abord, le fond du puits est carré. C’est typique de la période augustéenne soit entre -27 et +14. Le puits de Chartres a donc environ 2000 ans. Il n’était pas le seul sur le promontoire rocheux et tous ces puits antiques permettaient à la population carnute puis gallo-romaine puis médiévale de se fournir en eau. Tous ces puits tombaient tous dans la même nappe phréatique. Pendant l’époque Antique, le site actuel de la cathédrale n’était pas cultuel mais civil: c’était le marché carnute puis le forum gallo-romain. La première cathédrale du site se construit au VIe siècle par l’évêque Lubin. Les cathédrales mérovingiennes et carolingiennes se succèdent, sans puits à l’intérieur. La cathédrale romane de Fulbert se construit de 1020 à 1036, et elle est tellement plus large que le puits qui se trouvait à côté de l’édifice se trouva inclus dans la crypte.
    A partir de l’époque romane, les chanoines ont décrété que l’eau du puits inclus dans la crypte était miraculeuse (avec plusieurs arguments inventés par eux-mêmes qui devinrent des légendes par la suite) et des pélerins venaient de tout le pays pour se faire soigner par cette eau.
    Je fais un court résumé car je pourrais développé davantage sans problème! Voilà néanmoins des indications qui répondent à quelques questions. A votre disposition pour en savoir plus si cela vous intéresse!
    Très bon article dans tous les cas, au plaisir de vous lire dimanche prochain!
    Bien à vous,
    Claire

  32. Marcel RAGUENEAU dit :

    bonjour à toutes, tous.
    Jadis, la découverte d’une source était fortuite, inattendue. Alors on la gardait précieusement. Autour des églises, cathédrales, beaucoup d’habitations d’où du bois beaucoup utilisé … N° possibilité, ces sources, ces puits, réserves d’eau de proximité permettaient , entr’autre, de lutter contre les incendies !! Puis, ces puits n’étaient pas rebouchés (bcp de travail) mais daller donc des puits non condamnés, réutilisables … ????? Celui qui sait ne doute pas. Celui qui doute ne sais pas … merci de votre précieux temps … à me lire !!

  33. Sofia Rapo Brunet dit :

    Bonsoir Laurent
    A noter Notre Dame du Port à Clermont-Ferrand. Nous avons acheté comme résidence secondaire, l’ancien presbytère d’un village du Haut Livradois dont une partie correspond à une ancienne chapelle de l’église fortifiée, et nous avons un puit toujours en exploitation dans notre cave. Pratique pour arroser les légumes du jardin qui est l’ancien cimetière !
    Sinon, pour la fermeture des puits peut-il il y avoir un rapport avec les épidémies de peste comme cela s’est passé à Naples avec l’aqueduc souterrain ?
    Merci pour vos articles
    Sofia

  34. Le Trétollec J-Yves dit :

    Bonjour Laurent, j’ai également vu des puits dans des édifices religieuse (église, cathédrale,…) souvent à l’entrée. Ne serait-ce pas pour pratiquer le rituel du lavage de pieds des pèlerins?

  35. Florian K. dit :

    Bonsoir,
    Je pense que ces puits étaient en réalité des tombeaux.
    Telles les nécropoles, enfin les pyramides que l’on retrouve évidemment en Egypte, également partout dans le monde.
    Les Bâtisseurs qui apportaient leur savoir étaient vénérés par les locaux.
    Ceux-ci établissaient le plan de l’édifice, en ayant pour base leur chambre funéraire qui était orienté vers le sud…
    Cette pratique fait croire que chaques”puits” renfermaient des êtres divins .
    Voilà pourquoi ces tombeaux sont refermés.
    Bien à vous.

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